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En Côte d’Ivoire Vivo Energy innove pour doubler Total.

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Le groupe, qui commercialise les carburants et lubrifiants de marque Shell en Afrique, veut poursuivre sa progression dans le pays. Pour cela, il mise notamment sur une nouvelle génération de stations-service.

Venu en Côte d’Ivoire, en mars 2016, le Français Christian Chammas, patron de Vivo Energy depuis 2012, élude la question. Pourtant, difficile de ne pas voir dans cette visite une contre-attaque face à son rival Puma Energy. En février 2016, le gouvernement ivoirien a en effet donné son accord pour céder la quarantaine de stations-service de la société publique Petroci au négociant pétrolier (filiale de Trafigura) basé en Suisse et enregistré aux Pays-Bas. Les deux parties sont depuis en discussion, et un audit préalable est en cours pour évaluer le montant de l’opération.

Créé en 2011 par le négociant Vitol, le fonds d’investissement Helios Investment Partners et la compagnie pétrolière Shell, Vivo Energy commercialise les carburants et lubrifiants de marque Shell dans seize pays africains. En Côte d’Ivoire, il a connu ces dernières années une progression fulgurante, y développant son deuxième plus vaste réseau (182 stations-service) après celui du Kenya.

Alors que le groupe ne communique pas son chiffre d’affaires global, on sait qu’en Côte d’Ivoire les revenus sont passés de 151 milliards à 259 milliards de F CFA (de 230 millions à 395 millions d’euros) entre 2012 et 2014, lui permettant de se rapprocher du numéro un, Total Côte d’Ivoire (312 milliards de F CFA en 2014). Vivo Energy, dont la filiale locale est dirigée par Ben Hassan Ouattara, entend donc défendre et renforcer sa position dans ce pays.

Un modèle pour la création de PME locales

De fait, après y avoir injecté, depuis 2012, plus de 35 milliards de F CFA dans la construction et la réhabilitation de stations-service, Vivo Energy envisage d’investir le même montant au cours des cinq prochaines années pour renforcer sa présence en terre d’Éburnie et rendre ses produits et ses services « plus accessibles aux Ivoiriens », explique le PDG. Concrètement, ses futurs projets porteront sur la réhabilitation de boutiques, le développement de nouveaux produits et la construction de nouvelles stations. Dans le nord du pays, réputé être un haut lieu de contrebande de carburant, Vivo Energy dit cibler les propriétaires de mobylettes en fournissant de l’huile de moteur de qualité.

Le tout basé sur un modèle de stations en gérance libre : « La gestion des stations-service est confiée à des Ivoiriens, qui signent un contrat avec Vivo Energy, explique Christian Chammas. Nous recrutons et formons le personnel mis à leur disposition, et ce sont les gérants qui paient les charges et se rémunèrent. C’est un modèle qui favorise la création de PME locales. »

Une stratégie différente de celle du leader du marché, Total, que Momar Nguer, son directeur Afrique et Moyen-Orient, interrogé par J.A. il y a quelques mois, résumait ainsi : « Au lieu de confier nos stations à des investisseurs locaux qui ne sont pas du métier, nous privilégions la promotion interne de nos personnels. Les meilleurs peuvent devenir leur propre chef d’entreprise grâce à la formation et à l’argent que nous leur prêtons, qu’ils nous remboursent ensuite sur le résultat de leur activité. »

Nouvelles générations de stations-service

Pour rattraper son retard sur Total en Côte d’Ivoire, Vivo Energy mise aussi sur la nouvelle génération de stations-service qu’il vient de lancer à Yamoussoukro, dans le quartier de Morofé. Cette infrastructure en préfabriqué, constituée d’un assemblage sécurisé de blocs solidement préconstruits, est la première station du groupe de ce genre en Afrique (certains de ses rivaux ont déjà expérimenté ce modèle ailleurs). Son avantage : elle permet de s’implanter aisément dans les zones les plus reculées. Après la Côte d’Ivoire, d’autres marchés du continent devraient en bénéficier.

Aujourd’hui, Vivo Energy compte 1 600 stations-service en Afrique, c’est-à-dire 200 de plus qu’il y a deux ou trois ans. D’après Christian Chammas, le groupe va continuer d’investir massivement sur le continent, sa terre exclusive d’opération. Pour la période 2015-2017, il a ainsi élaboré un programme d’investissement de 300 millions de dollars (environ 270 millions d’euros), actuellement en cours d’exécution. « Nous poursuivrons notre développement dans les pays où nous sommes implantés, et nous envisageons de faire de nouvelles acquisitions si les opportunités se présentent », confie le PDG.

 

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