Accueil - - - FICHES PRATIQUES LUBRIFIANTS INDUSTRIELS. Fluides de coupe principaux risques et pathologies assossiées.

Fluides de coupe principaux risques et pathologies assossiées.

0
0
207

La mise en œuvre des fluides d’usinage (ou fluides de coupe) peut, dans certaines conditions, générer des composants ayant un pouvoir cancérogène. Ces composants sont notamment des HAP (Hydrocarbures Aromatiques Polycycliques), des nitrosamines, des métaux solubilisés. Ces fluides s’enrichissent en polluants au fur et à mesure de leur vieillissement et de façon plus ou moins importante selon leur usage. Pour autant, le potentiel cancérogène de certains fluides neufs ne peut pas être complètement écarté.

Présentation des principaux risques chimiques et biologiques pour la santé liés à l’utilisation des fluides de coupe et les mesures de prévention à mettre en œuvre.

Un fluide d’usinage est un liquide qui, appliqué par arrosage sur la partie active de l’outil, facilite l’opération d’usinage et contribue à améliorer la durée de vie de l’outil ou la productivité de l’opération. Deux catégories de fluides d’usinage existent :

- Les huiles entières insolubles (minérales ou végétales). Ces huiles ne contiennent pas d’eau et de ce fait pas ou peu de biocides. Contrairement aux huiles végétales, les huiles minérales neuves peuvent contenir potentiellement, en fonction du degré de raffinage, des HAP.

-  Les huiles solubles ou fluides aqueux (minérales, végé- tales, semi-synthétiques, synthétiques) contiennent par définition de l’eau. On les reconnait, pour certains, par leur aspect laiteux.

La plupart de ces fluides de coupe comporte de nombreux additifs visant à :

- augmenter les propriétés lubrifiantes,

- faciliter la coupe,

- limiter l’usure de l’outil, la corrosion, la formation de brouillard,

- contenir le développement des microorganismes pouvant coloniser les fluides aqueux.

 

LES PRINCIPAUX RISQUES ET PATHOLOGIES ASSOCIÉES

Lors de l’application des fluides d’usinage, des aérosols peuvent être générés (appelés généralement « brouillards d’huile »). Ceux-ci contiennent des substances chimiques constitutives du mélange ou générées (par exemple nitrosamines, métaux…) et des contaminants biologiques pour les fluides aqueux.

Le risque chimique.

Des substances dangereuses peuvent se retrouver, au sein de la formulation des fluides de coupe (comme certains additifs, biocides…), se former au cours du stockage, comme c’est le cas des nitrosamines ou bien au cours de l’utilisation (hydrocarbures aromatiques polycycliques et nitrosamines).

Il existe deux voies de contaminations : par contact cutané et par inhalation (brouillard d’huile/aérosols).

Les fluides d’usinage peuvent être à l’origine de lésions non cancéreuses :

- irritation de la peau (pH élevé, additifs…),

- allergies cutanées (biocides, métaux dissous ou sous forme de particules provenant des alliages usinés ou des outils, formaldéhyde…),

- affections respiratoires (huiles et additifs, formaldéhyde, métaux dissous (cobalt) ou sous forme de particules).

Mais les composants chimiques des fluides peuvent également présenter un potentiel cancérogène ou toxique pour la reproduction :

-  Cancérogène :

- Hydrocarbures Aromatiques Polycycliques (HAP) : d’une manière générale, les huiles entières minérales neuves ne sont pas classées cancérogènes puisqu’elles sont très raffinées. Cependant, dans certaines huiles neuves insuffisamment raffinées ou régénérées, des HAP peuvent être présents.

Un enrichissement en HAP peut également se produire en cours d’utilisation lorsque la dégradation thermique est importante. Parmi ces HAP, figure le benzo[a]pyrène qui est classé cancérogène avéré par l’Union Européenne.

- Nitrosamines (en particulier la N-nitroso diéthanolamine (NDELA)) : elles se forment dans les fluides aqueux lors d’une présence conjointe d’amines secondaires dans la composition initiale (diethanolamine) et de nitrites.

- Formaldéhyde : il est présent en tant que tel ou généré par les libérateurs de formaldéhyde2. Il est utilisé comme biocide dans les fluides aqueux. Le formaldé- hyde est classé cancérogène par l’Union Européenne.

La communauté scientifique considère qu’il n’est pas possible de conclure définitivement sur le risque cancérogène des fluides d’usinage, excepté pour les cancers de la peau dans le cas des huiles minérales entières anciennes souvent peu raffinées.

Néanmoins, il existe des arguments en faveur d’une relation entre les fluides d’usinage et les localisations cancéreuses suivantes : larynx, pancréas, rectum et vessie. Ces cancers sont essentiellement associés aux huiles minérales entières.

Concernant les cancers de l’œsophage et de l’estomac, les arguments sont limités. Dans ce cas, ce sont les fluides aqueux qui pourraient être incriminés.

Quant aux voies respiratoires, il n’y aurait pas de relation entre fluides d’usinage et cancers broncho-pulmonaires.

- Toxique pour la reproduction :

- Acide borique et borates utilisés comme biocides. Ils sont classés par l’Union Européenne comme toxiques pour la reproduction (fertilité et développement fœtal).

 Tous les fluides d’usinage peuvent se charger en métaux dangereux provenant de la solubilisation des métaux usinés ou des outils de coupe (nickel, cobalt, cadmium, béryllium, plomb, chrome…), dont certains ont un potentiel cancérogène et/ ou toxique pour la reproduction. Il est indispensable de connaître la composition de l’alliage usiné à l’aide des fiches techniques, des fiches de données de sécurité ou à défaut de la déclaration du fournisseur sur la présence éventuelle de métaux dangereux.

Fluide d'usinage aqueux pour l'Aéronautique

Charger d'autres articles liés
Charger d'autres écrits par JC-GIROUD
Charger d'autres écrits dans - - - FICHES PRATIQUES LUBRIFIANTS INDUSTRIELS.

Laisser un commentaire

Consulter aussi

INEOS annonce la localisation de son investissement pétrochimique de 3 milliards USD en Europe.

    Ineos avait annoncé plus tôt dans l’année l’investissement dans …